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Quartier Livre

Projet régional de lutte contre l'illettrisme dans les prisons bretonnes

« Une écrivaine à la prison, des mots entre les murs » – Retour sur la résidence de Laurence Vilaine

L’auteure nantaise Laurence Vilaine, en résidence d’écrivain à la Maison d’arrêt de Saint-Brieuc du 26 avril au 3 juin, est revenue le 1er décembre dernier, accompagnée de l’artiste Delphine Bretesché pour clôturer cette expérience inédite et forte.

Une quarantaine de personnes étaient présentes jeudi 1er décembre à la bibliothèque André Malraux pour clôturer la résidence de l’auteure Laurence Vilaine à Saint-Brieuc.

Après un bref retour sur l’ensemble du projet Quartier Livre, les participants ont pu visionner le « film de la résidence » : 13 minutes d’images captées en détention, pendant les ateliers d’écriture menés au printemps par Laurence Vilaine, et d’interviews des participants.

Gaëlle Larher, bibliothécaire à Saint-Brieuc, a ensuite animé une série d’échanges avec Laurence Vilaine et son accolyte Delphine Bretesché, qui est également intervenue début juin à la fin de la résidence, pour mettre en voix les textes écrits par les personnes détenues. Cyrille Cantin s’est joint à elles pour donner son propre retour de cette expérience.

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La rencontre s’est terminée par une lecture émouvante par Laurence Vilaine du texte qu’elle avait écrit pour les personnes détenues membres de son atelier en juin, puis par une écoute des enregistrements des personnes détenues, lorsqu’ils avaient lus à haute voix leurs textes.

Les « arbres à livres » inaugurés à la maison d’arrêt de Saint-Brieuc

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Vernissage des « arbres à livres » à Saint-Brieuc

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Le projet à Ploemeur – À la prison, les livres se font porte-voix (article du 3 octobre 2016)

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Découvrez les textes écrits par les personnes détenues avec Laurence Vilaine

Le vendredi 3 juin a eu lieu le dernier atelier organisé à la maison d’arrêt de Saint-Brieuc dans le cadre de la résidence d’écrivain de Laurence Vilaine.

Lors de cette dernière rencontre, les détenus ont pu écouter les textes qu’ils avaient écrits : ils ont travaillé la lecture à voix haute des textes avec Laurence Vilaine et une comédienne, puis ils ont été enregistrés.

Ce moment touchant d’écoute collective a vu son apogée lors de la lecture par Laurence Vilaine d’un texte qu’elle avait écrit pour eux, en conclusion de sa résidence de 6 semaines au sein de la maison d’arrêt.

Lire les 14 textes écrits par les détenus

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Dernier atelier de Laurence Vilaine à la maison d’arrêt de Saint-Brieuc (Copyright : Amélie COISPEL, Le Télégramme)

 

 

Ouest France fait le bilan de la résidence à la maison d’arrêt de Saint-Brieuc

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La fin de la résidence de Laurence Vilaine dans Le Télégramme Saint-Brieuc

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La fin de la résidence d’auteure filmée par Armor TV

Vendredi 3 juin a eu lieu la dernière rencontre des détenus avec Laurence Vilaine dans le cadre de la résidence d’écrivain qui l’a amenée à passer 6 semaines au sein de la Maison d’arrêt, pour des ateliers d’écriture avec les détenus.

Armor TV était présent pour cette dernière rencontre, vrai point d’orgue du projet : les personnes détenues ont écrit des textes avec l’auteure, les ont mis en voix pour une lecture à voix haute avec l’artiste Delphine Bretéché, qui est intervenue lors de la dernière semaine, puis ils ont été enregistrés en lisant ces textes. Ce vendredi matin, l’émotion était palpable au moment de l’écoute de ces textes…

Voir le reportage d’Armor TV (de 0’36 à 2’44) : https://armortv.fr/index.php/st-brieuc/item/jt-du-06-06-2016?highlight=WyJ2aWxhaW5lIl0=

Les hommes contre les hommes

Dans le printemps, les fleurs jouent des coudes pour trouver la sortie, et partout j’ai vu des barreaux dans la ville, même dans le ciel, la pluie, comme une grille, quand elle tombe tout droit.

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J’ai pensé à vous en cherchant les couleurs.

Un soir, ça sentait le lilas, l’herbe coupée, et presque le rouge des cerises, la terre mouillée et la mousse au bas des murs. À hauteur de mes oreilles, des petits cris m’ont arrêtée : invisibles, au creux d’un vieux mur, des oisillons réclamant la becquée, sans doute sans plumes, tout juste vivants, tant leurs cris étaient infimes.

J’ai pensé à vous, aux fleurs que vous avez plantées dans vos cahiers, aux montagnes que parfois vous avez soulevées pour trouver les mots. J’ai couru vers la mer et marché longtemps sur le sable mouillé, sous l’averse j’ai attendu l’arc en ciel et j’ai marché à reculons pour ne rien manquer de la lumière dans mon dos, j’ai aussi pensé à reculons, tourné en rond dans ma tête et fait des nœuds, et encore je m’entends me taire – pourquoi, comment, je sais, c’est crétin, c’est vieux comme le monde, pourquoi, comment… les hommes contre les hommes ?

Comment on en arrive là, après des siècles, tant d’épopées, des millénaires, toujours, encore, les hommes contre les hommes ? Oui, c’est crétin, mais quand vous regardez la mer et tous les bleus, quand dans l’oreille le monde vous met une nichée d’oisillons sans plume et tellement la vie sous leur peau, il n’y a rien d’autre qui vient.

Les hommes contre les hommes – et si on inventait autre chose ?

Est-ce que ça marcherait si on faisait un pas en arrière ? Juste un pas, chaque fois qu’on rencontre un homme. Juste quelques secondes pour se mettre un peu dans sa vie, et alors on saura comment ça pique dans ses yeux, comment c’est serré dans ses poings, on saura ce que ça fait d’avoir la peau d’une autre couleur, de ne pas parler pareil, un pas en arrière et on saura un peu les petites peaux au coin des pouces qu’il s’arrache, on entendra comment résonnent les mots d’amour dans sa tête. Se mettre à la place de celui qui est derrière la porte, à la place de celui qui la ferme, de celui qui reste, celui qui part sans dire au revoir, celui qui prend la mer, à ta place à toi qui pleure ton père, à sa place à elle qui danse quand elle marche, à lui qui toujours se renfrogne.

Les hommes contre les hommes.

Comment on en arrive là ?
Parce que finalement, au départ, on était bien tous pareil ?

Laurence Vilaine

 

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