À la Maison d’arrêt de Saint-Brieuc : Laurence Vilaine animera des ateliers de lecture et d’écriture avec les personnes détenues, en priorité celles les plus éloignées du livre, pour aiguiser leur goût de la lecture et de l’écrit. Ce sera sa première expérience en milieu carcéral. Elle décrit ainsi son projet aux détenus qu’elle va rencontrer :

« Je m’appelle Laurence Vilaine, je suis écrivain. J’ai écrit un roman, qui parle du silence et des souvenirs (en deux mots, pour faire vite) ; un deuxième paraîtra bientôt, je vous en parlerai plus tard si vous voulez. Au printemps, entre avril et juin, je viendrai vous rencontrer plusieurs fois par semaine.
J’aurai dans mon sac des carnets et des crayons, non pas pour « faire l’école », ce n’est pas mon métier. Le mien c’est d’écrire, et je viendrai vous proposer de faire pareil : écrire, tout simplement, comme on peut jouer au football, faire de la peinture, de la danse ou du théâtre.
Avant de venir la première fois, puis avant chacune de mes visites d’ailleurs, j’aurai écrit quelques lignes que je vous lirai, une petite réflexion ou une histoire, une question, et peut-être aurez-vous envie d’y répondre. Ainsi, on fera conversation. Et on écrira ces petites conversations.
Au fil des jours, nos carnets se rempliront de ce qu’on pense, de ce qu’on n’ose pas dire peut-être parfois, ce qu’on imagine. Peut-être que votre carnet parlera de vous, ou pas du tout ; peut-être qu’il enfermera des histoires vraies ou pas vraies, ou des poèmes, ou des morceaux de rêves, ou des petits mystères. On ne sait jamais à l’avance ce qu’on va écrire – sinon, je crois qu’on n’écrirait pas.
On se lira aussi des livres à voix haute, des pages attrapées ici et là. On fera ça chaque fois, avant même de commencer à écrire. On en prendra dans la bibliothèque et j’en aurai aussi dans mon sac – dans les livres, on trouve toujours des tas de choses à partager.
Je n’ai jamais mis les pieds dans la maison où vous vous trouvez.
J’ai l’habitude d’écrire, seule, dans mon coin. Cette fois sera différente. Je vous propose qu’on écrive ensemble. »