Quand les voix montent, quand parfois un poing contre une porte, les pieds qui toujours traînent savates et les yeux dans les coins, les j’m’en-cogne qui se marmonnent, surtout quand fourgons et menottes, je m’entends me taire. On ne remonte pas le temps, ils se répètent. Si seulement on pouvait. Remords, regrets et tout le reste, le bateau, la moto, les copains, la grand-mère. Je m’entends me taire, on n’enferme pas les hommes, pour un peu je voudrais rester encore.

Certains midis, pour partir, je m’accroche à un brin d’herbe et à tous les pissenlits que je croise, je cours après les pétales des cerisiers qui s’envolent – hier, j’ai volé une rose dans un jardin.

Laurence Vilaine